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Jeep Patriot : L'anti conformiste

Particulièrement dense, le segment des SUV est également un segment dans lequel chaque marque doit naturellement se distinguer. Spécialiste reconnu du tout-terrain, Jeep revoit subtilement son Patriot pour rester dans le coup. Au programme, de légères retouches cosmétiques et une homogénéité revue.



Vue d'ensemble

Jeep Patriot : L'anti conformiste
Grâce au Patriot, Jeep réalise en quelque sorte deux véhicules en un pour toucher une clientèle plus large. En effet, le Patriot est, en ce qui concerne les soubassements, en tous points identique au Compass. Ce ne sont donc qu'en look qu'ils diffèrent. Grâce à cette économie d'échelle, le constructeur est parvenu à donner une image plus consensuelle au Compass sans pour autant négliger les puristes de la marque.
Esthétiquement le facelift apporte peu de choses, les boucliers ont été revus à l'avant et s'avèrent pas conséquent plus élégant, mais le Patriot reste un véhicule pour le moins charismatique. Taillé à la serpe, cubique et musclé il impose son style avec force. A l’instar de la Jeep Willis du débarquement allié, cette Jeep conserve sa calandre reconnaissable parmi mille et ses indémodables feux ronds. Vous l’aurez compris, le Patriot est une voiture au look plutôt masculin qui n’a que sa robustesse pour élégance.
Face à la concurrence des Nissan Qashqai, Toyota RAV 4, Ford Kuga ou encore le récent Hyundai IX35, l'américaine prend un chemin tout opposé, celui de l'anticonformisme.
Du point de vue de la sécurité, le Patriot embarque l'essentiel des équipements de sécurité passive et active. L'ESP ainsi que les airbags frontaux et rideaux sont de série, mais curieusement pas d'airbags latéraux.

Intérieur

Jeep Patriot : L'anti conformiste
A l’intérieur, la réputation des constructeurs américains ne jouent a priori pas en sa faveur. Heureusement, ces derniers ont revus la planche de bord notamment en terme de qualité perçue. Là où la précédente version exposait des plastiques bas de gamme et une qualité générale en retrait, le nouveau tableau inspire plus confiance. Sans atteindre le niveau rêvé d’une Audi, le nouveau Patriot a fait des progrès considérables dans ce domaine. Quelques détails de finition demeurent néanmoins à l'instar des pare soleil pas franchement valorisants. Plus austère qu’auparavant à cause de tons sombres, l’habitacle semble mieux fini. Les plastiques semblent de meilleure facture, alors qu’un soin particulier a été apporté aux ajustements et au coffre qui profite dorénavant d’une moquette en lieu et place du vinyle et d’un seuil de chargement d’accès confortable.
Particulièrement vaste, l’habitacle s’avère pour le moins confortable. L’espace aux coudes et aux genoux ne souffrent d’aucune critique même si, à l’arrière, le passager central souffrira de l’omniprésence du tunnel de transmission central. En hauteur, c’est carrément l’Amérique, chaque passager peut s’installer aisément sans avoir à retirer son chapeau de cow-boy. A bord, donc les passagers se sentiront à leur aise, notamment à l'arrière où ils profitent d'un dossier réglable en inclinaison et de sièges plutôt confortables. En revanche, à ces places, les rangements sont peu nombreux et d'une capacité relativement faible. Des aumônières au dos des sièges avant auraient été bienvenues.

Sur la route

Jeep Patriot : L'anti conformiste
Sous le capot, le moteur est connu, il s’agit du bon vieux 2.0 TDI 140 désormais mieux isolé du point de vue acoustique et vibratoire. Assez souple, ce moteur ne donne toutefois son plein potentiel qu’à partir de 2 000 tr/mn et permet de s’insérer avec un certain allant dans la circulation. Performant et doté d’une boite de vitesses bien étagée, il offre des performances globales flatteuses eu égard au poids de la bête tout en sachant bien se tenir question consommation. Notre moyenne s’étant établie à 7,7 l/100 km. Malheureusement, le bilan polluant est perfectible. En émettant 180 g de CO2 par kilomètre, le Patriot est affublé d'un malus de 750 €.
Bien que des vibrations se font ressentir comme un Boeing qui prend son envol entre 1 800 et 2 500 tr/mn dans l’habitacle, le niveau sonore est bien contenu. Seuls quelques bruits d’air apparaissent au niveau des rétroviseurs dès 110 km/h.
Parfaitement amorti en conduite américaine, c’est à dire coude à la portière, les suspensions font un travail admirable. Les déformations sont avalées avec soin, mais revers de la médaille, lorsque que l’on titille un peu la bête sur chaussée inégale, l’amortissement devient vite faiblard sans néanmoins remettre en cause le comportement sain et facile du Patriot d’autant que les 4 roues motrices et l’ESP veillent au grain. Cependant, vous l’aurez compris, le SUV américain s’appréciera davantage en conduite souple.
A ce sujet, à quand une bonne boite automatique pour voir la vie comme un Yankee ?
En tout terrain, le Patriot fait honneur à son blason, n’hésitant pas à escalader ce qui se trouve sur son chemin. Ne le prenez pas pour un Wrangler, mais il se débrouille plutôt mieux que ses concurrents dans ce domaine.

Bilan

Atypique, le nouveau Patriot s’est révélé être une bonne surprise, si l’on se montre pas trop regardant sur quelques détails. Réellement polyvalent, aussi à l’aise sur, que hors du bitume, il se distingue sans mal de ses concurrents ayant sombré dans le consensuel en perdant leur âme de véhicules tout chemin. Les tarifs partent de 32 250 € à 34 100 €.
Jeep Patriot : L'anti conformiste

Mardi 18 Mai 2010
Fabrice Olivier
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