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Lexus IS-F : M3 prend garde à toi !

Fervente concurrente des berlines allemandes haut de gamme, il manquait à la marque de luxe de Toyota une version sportive prête à en découdre avec les références du genre. Les M3, S4 ou C63 AMG ne sont plus seules et la nouvelle venue compte bien entrer dans le jeu.



Conception d'ensemble

Lexus IS-F : M3 prend garde à toi !
Depuis la naissance de la marque, les véhicules n’ont cessé de s’inspirer cruellement des références haut de gamme. La Lexus IS première mouture avait pour mission de concurrencer directement la BMW Série 3. Elle a même poussé le mimétisme à reprendre la même cylindrée (6 cylindres 2 litres) la même puissance (150 ch), la même architecture mécanique (moteur positionné en long et propulsion). La seconde génération a délaissé l’essence sur notre marché pour n’exister qu’en diesel avec l’excellent diesel D-CAT bien connu chez Toyota avec la puissance de 177 ch. Pénalisée en reprises à cause de derniers rapport particulièrement long, la nouvelle IS brille en revanche par son niveau d’équipement et le sérieux de sa réalisation. Dorénavant, la paisible IS existe en version dévergondée V8 de 420 ch et non moins de 8 rapports séquentiels.
Esthétiquement, la berline nippone, sans s’être transfigurée, affiche une ligne sportive, élégante et toujours relativement discrète. Plus basse, l’auto repose sur des grandes roues de 19 pouces en aluminium gris anthracite du plus bel effet, gonfle son nez pour laisser de la place au V8 de 5 litres et superpose ses 4 sorties d’échappement.

Vie à bord

Lexus IS-F : M3 prend garde à toi !
A l’intérieur, l’ensemble apparaît relativement terne. Le noir domine des sièges au plafond avec néanmoins divers détails sont spécifiques à à l’IS-F à l’instar de la console centrale en plastique imitant l’alu qui perd son frein à main, des compteurs au lettrage bleu ou encore l’animation spécifique dès lors que la boite de vitesse est sur le mode séquentiel. Les nouveaux baquets procurent une bonne position de conduite. Positionné plus bas, le conducteur ressent la route plus avec ses hanches et se voit très bien maintenu. Toujours réglable électriquement tant en profondeur qu’en hauteur, le volant reçoit un badge IS-F et des palettes solidaires au cerceau. A droite les rapports se montent, à gauche ils se descendent. Pour le reste l’habitacle de la sportive reste identique. Les côtes d’habitabilité n’évoluent pas et se caractérisent par un espace aux coudes et aux jambes assez limité.

Conduite

Lexus IS-F : M3 prend garde à toi !
Bien assis donc, le conducteur dispose toujours du bouton poussoir start/stop. A la différence qu’au claquement d’un diesel ici, c’est un V8 à la sonorité plutôt discrète qui s’ébroue. Bien entendu, celle-ci en impose déjà au ralenti. Les premiers mètres à bord de l’auto laissent un sentiment de grandes fermeté. Les suspensions sont très fermes, les sièges vous calent parfaitement des jambes aux épaules tandis que la boite de vitesses égrennent les rapports avec un verrouillage franc et des rapports qui semblent très court.
A bas et moyens régimes, le V8 reprend sans inertie, chaque pression sur l’accélérateur vous catapulte en avant dans une sonorité enivrante. En fait, de confortable à bas régimes, la poussée devient nettement plus franche une fois le cap des 4 000 tr/min franchi, le V8 change alors de registre sonore et imite à la perfection une vraie voiture de course. Très rapide (0,1 sec), la boite de vitesses enclenchent les rapports instantanément sans patinage du convertisseur de couple mais sans brutalité non plus, preuve que les ingénieurs nippons ont soignés les réglages. Par ailleurs, en mode séquentiel, le conducteur prime sur l’électronique, car toucher le rupteur ne passe pas le rapport supérieur. Un vrai régal de savoir la chose possible. En outre, chaque descente de vitesses s’accompagne d’une remise à niveau des gaz digne des meilleurs talon/pointe.
Les performances sont naturellement de haut niveau et rare sont les autos capable de rivaliser sur routes ouvertes. Le constructeur annonce un 0 à 100 km/h en 4,8 sec, le 400 m DA en 13 et 23,9 s pour franchir le kilomètre. De quoi laisser rêveur. A l’usage, bien que les performances sont au dessus de tout soupçon, nous avons relevé un 0 à 100 km/h supérieur d’environ 1 sec, probablement dû au faible kilométrage du véhicule essayé. Par ailleurs, anecdotique dans nos contrées, la japonaise n’est pas électroniquement limitée à 250 km/h comme ses concurrentes allemandes, mais file jusqu’à 270 km/h !!

Des performances remarquables parfaitement exploitables, car malgré son poids proche des 2 tonnes (1 730 kg) l’IS-F demeure d’une agilité et vivacité étonnante. L’auto possède un train avant tranchant tandis que le train arrière suit sans broncher. La motricité est l’une des qualités de l’auto car là où une C63 AMG est complètement dépassée, la Lexus transmet le maximum de puissance sans patinage excessif. En outre, avec toutes les aides à la conduite branchées, le comportement s’avère particulièrement sécurisant et ultra-efficace en toutes circonstances.

Bilan

Proposée à 96 050 €, l’IS-F n’est pas donnée même si elle devrait logiquement être vendue moins chère qu’une BMW M3 ou une Mercedes C63 AMG. Conçue par des passionnés avec rigueur, l’IS-F est loin d’être une pâle copie allemande. Son V8 a un vrai caractère rageur dans les tours, sa boite de vitesses est un régal de tous les instants (surtout en mode séquentiel) alors que sa discrétion, sa relative habitabilité, sa relative douceur et ses 4 portes en font une auto polyvalente. Une auto à découvrir et à ne pas négliger au moment du choix.
Lexus IS-F : M3 prend garde à toi !

Lundi 25 Janvier 2010
Fabrice Olivier
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