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Volkswagen Golf R : Redoutable

Pour l’heure la version la plus sportive de la gamme Golf était représentée par la Golf GTI, une version devenue un peu juste pour affronter une concurrence ayant fixée le début des hostilités à 250 ch. La R avec ses 270 ch, son 4 cylindres turbo et son nouveau système 4-motion devrait remettre les pendules à l’heure.



Volkswagen Golf R : Redoutable
Dérivée de la Golf V, la nouvelle Golf ne part donc pas d’une base entièrement nouvelle et n’apporte pas de fait d’innovations particulières dans le segment. Jadis équipée d’un V6 de 240 et 250 ch au coeur de la Golf IV et V, la R doit dorénavant faire encore plus attention à ses émissions polluantes. Exit donc le V6 3.2 L, et sa sonorité caverneuse, place au downsizing. Les ingénieurs de Wolfsburg sont allés chercher ce moteur dans la banque d’organe du groupe. Celui la même qui équipe les Audi S3 ou autres Seat Leon Cupra R, à la différence que dans la Golf se moteur délivre 5 ch de plus pour atteindre 270 ch. Le couple maxi est lui aussi en progression passant à 350 Nm, soit 20 Nm de plus que la R32 mais surtout il arrive très tôt. Le turbo soufflant plus fort aux alentours de 2 500 tr/mn. Dans le même temps, le constructeur annonce des consommations et émissions de CO2 en baisse. La R consomme donc en moyenne 8,4 litres/100 km en version DSG et 8,5 litres/100 km en version manuelle soit 2,2 l de moins que la R32. En outre, la DSG offre l’avantage de diminuer les émissions polluantes de 199 g/km à 195 g/km, le malus passant alors de 1 600 € à 750 €.
Enfin, le système 4-motion évolue positivement. Dorénavant, il ne lui faut plus une différence de vitesses entre les 2 essieux pour «enclencher» le train arrière, un calculateur calcule en permanence le couple idéal souhaité pour l’essieu arrière indépendamment du patinage.
Concurrente de la Leon Cupra, Mégane III RS ou encore Ford Focus RS, la R se distingue par sa grande sobriété esthétique. Discrète, elle n’affiche plus l’exubérance des R32. Les éléments distinctifs par rapport aux autre golf se limitent à des inserts R sur la calandre et le coffre, des rétroviseurs laqués noirs, des feux de position diurnes à LED (façon Audi), des feux à LED à l’arrière, une double sortie d’échappement central dans le bouclier ainsi que de grandes jantes de 18 pouces spécifiques.

Volkswagen Golf R : Redoutable
A l’intérieur, pas de doute le client habitué de la marque ne sentira pas dépaysé. Parfaitement conforme à la Golf de Monsieur tout le monde, la R brille par sa qualité de fabrication, sa finition et sa qualité perçue. L’ambiance est à peine plus sportive grâce à l’adoption de sièges baquets recouverts d’alcantara, un volant avec un léger méplat, des pédales alus et last but not least un compteur de vitesses gradué jusqu’à 300 km/h. L’instrumentation est pauvre, pas de température, ni de pression d’huile, de manomètre de turbo afin de savoir ce qu’il se passe sous le capot. Les côtes d’habitabilité n’évoluent pas. La R pouvant accepter sans mal 5 passagers et leurs bagages. L’équipement d’origine est tout à fait correct. De la climatisation automatique à réglage séparé gauche/droite, au régulateur de vitesses en passant par le rétroviseur électrochrome, tout y est au point. Enfin, comme à l’accoutumée, la position de conduite est idéale, ajustable sur tous les plans tandis que les baquets remportent l’unanimité pour leur maintien et leur confort.

Volkswagen Golf R : Redoutable
Contact, la golf démarre de manière quasi inaudible. Décidément, la discrétion est poussée à son maximum. Nous sortons du parking et prenons la direction de l’est. La voie d’accélération devrait déjà nous donner un aperçu de ses accélérations avant de brancher la Vbox. Boite DSG en mode manuel, nous retrogradons en seconde et par chance la voie d’accélération est libre, nous écrasons la pédale à fond jusqu’au kick down, la puissance arrive avec une légère latence et la poussée se fait franche et vigoureuse. De caverneux à bas régimes, la sonorité devient plus rageuse à partir de 5 000 tr/mn tandis que l’aiguille du compte tour cours grimpe jusqu’à son régime de puissance maxi. Un rapide coup d’oeil au tachymètre nous impose de lever le pied. Résultat la Golf accélère fort, mais se caractérise surtout par sa force tranquille dans une linéarité exemplaire. Du coup, certains lui reprocheront son côté trop facile et l’aisance avec laquelle elle se conduit. Une auto pouvant être mise entre toutes les mains sans hésiter. C’est à se demander si les 270 ch sont réellement présents. Notre relevé de performances indique le 0 à 100 km/h en 6,3 sec, le 400 m départ arrêté en 14,5 sec et le 1 000 m en 26,4 sec. Mesures que nous avons également réalisés en suivant la procédure de départ Volkswagen. Cependant, bien que notre voiture d’essai avait relativement peu de kilomètres, ces performances sont à relativiser. Si nous nous référons à notre confrère EVO dans son édition de février, qui utilise également la VBOX pour le calcul des performances, notre R réalise sensiblement les mêmes performances que la Focus RS, la Leon Cupra R et la Mégane RS. Il apparait donc clairement que les 270 ch annoncés sont là et que Volkswagen a souhaité rendre la Golf R plus Grand Tourisme que sportive.
La consommation moyenne nous est parue élevée. Une conduite le pied léger ne permet que difficilement de descendre en deçà des 13 litres/100 km. Si toutefois il vous prend l’envie de tâter de la spéciale ou du chrono il vous faudra tabler sur plus de 20 litres. Vous voilà prévenu.
L’autre point sur lequel nous attendions la R c’est celui de la tenue de route. Bien qu’hyper sécurisante, la R32 nous avait quelque peu déçu à l’époque. Son système de transmission intégral 4-motion ne nous avait pas particulièrement emballé. Vive et mordante en entrée de courbe, l’auto perdait de son équilibre une fois les gaz remis car il fallait que le train avant perde du grip pour être aidé par le train arrière imposant de fait une correction au volant. Aujourd’hui le nouveau système 4-motion remporte notre adhésion pour son imperceptible efficacité. La R entre dans les virages comme le ferait une excellente traction, garde une stabilité à toutes épreuves lors des réaccélérations et ressort des courbes comme une balle se jouant de l’état d’humidité de la chaussée. La Golf met immédiatement en confiance son conducteur et lui autorise de belles parties de plaisir en toute sécurité. Les suspensions fermes font un travail efficace pour maintenir la caisse mais apprécient davantage les routes lisses que déformées. La motricité étant devenue excellente à tout point de vue, les remontées de couple dans la direction sont inexistantes. Celle-ci se montre également un peu avare en retour d’informations, le rendu du travail des roues au sol est un peu artificiel. Au final, il n’y a bien que le freinage que nous a le plus déçu. Offrant un toucher spongieux, notre modèle d’essai manquait cruellement de mordant et d’efficacité. Une caractéristique certainement spécifique à notre véhicule d’essai et à un rodage des freins pas réalisé de manière optimale.

Volkswagen Golf R : Redoutable
Proposée à partir de 49 100 € en boite manuelle et à 51 250 € en DSG, malus éco Pastille inclu, la R n’est pas franchement donnée. La Mégane RS est proposée à partir de 38 850 €, la Focus RS à partir de 52 000 €. Plus polyvalente que les deux cités, la Golf a également l’avantage de garder une côte de revente élevée. Pour notre part, nous avons trouvé que cette R manquait de virilité, nous nous attendions à devoir dominer l’auto pour en retirer la quintessence, il n’en est rien. Facile et aseptisée, elle conviendra dès lors plus au gentleman driver qu’aux amateurs de sensations fortes.

Jeudi 11 Février 2010
Fabrice Olivier
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